Blade Runner 2049

Consciente de la dernière lubie d’Hollywood qui s’évertue à rallonger sans cesse la durée de ses films (parfois à raison), je dois reconnaître une certaine audace dans ce deuxième volet de 2h43. Bien sûr, ce nombre en découragera plus d’un — à l’heure du trop-plein de choix et du zapping compulsif — mais j’estime que quelques rares suites valent la peine d’être vues. Je me déleste donc de tout a priori et autres commentaires entendus çà et là pour entrer en salle.

Denis Villeneuve1 fait son cinéma

Curieuse et enthousiaste comme à mon habitude, j’avais l’original de 1982 bien ancré dans ma mémoire après sa diffusion dimanche soir sur Arte. Autant vous dire que j’étais à l’affût de toute incartade ou entourloupe scénaristique. Pour rappel, l’action de Blade Runner à la sauce Ridley Scott se déroule en l’an 2019 (futuriste et pourtant si proche).

Nous voilà donc 30 ans après avec, en têtes d’affiche, un Harrison Ford énergique comme jamais et un Ryan Gosling taciturne, servi saignant sur un lit de sex-appeal qui fera frémir ces dames. On assiste à la quête de l’agent K. Plongé au cœur d’une affaire aussi trouble qu’ambiguë, il se lance à la recherche du légendaire Blade Runner Rick Deckard pour découvrir une vérité qui finit par le dépasser et le spectateur aussi… WTF2 ?

Blague à part, on retrouve bien les éléments de l’original dont des petits clins d’œil malins. Et puisqu’on reprend l’histoire là où on l’a laissée, il est fortement conseillé de raviver au préalable ses souvenirs pour éviter de distraire son voisin avec des questions à un million du type : « c’est qui Deckard ? ». Seriously ?

Et le blockbuster dans tout ça ?

Même si je brûle d’envie de dire tout ce qu’il y a à dire et révéler toute l’intrigue en passant — la vraie, pas le résumé qui ne dit absolument rien — je laisse à chacun la liberté de se faire son propre avis. Mais comme on s’improvise tous un peu Monteur en Chef de fin de séance, j’ai imaginé mille façons de rythmer une ou trois séquences. Pardon, Denis.

Et puis je vous avoue que ma définition du blockbuster en a pris un coup. D’accord, un blockbuster made in Hollywood c’est avant tout une histoire de gros budget, de raz de marée commercial et de recettes record. Mais j’avais jusqu’ici cette image un peu faussée qui englobait des notions comme « dépoter » ou « envoyer du bois » dans ses composantes (merci Michael Bay et ses explosions à tout va). Enfin, je dis ça je dis rien.

Mes trois P…

Avec un twist final de derrière les fagots, Blade Runner 2049 me laisse à la fois perplexe, quelque peu perturbée et pleine d’interrogations (trop de questions laissées en suspens). Ce parti pris laisse peut-être présager d’une suite de la suite — pourquoi pas un soulèvement des androïdes ? — Alors rendez-vous en 2072 ?

1 « Le Québécois est aujourd’hui l’un des cinéastes les plus prisés du cinéma contemporain. Prisoners, Sicario et Premier Contact l’ont établi comme un technicien triple A, capable de donner profondeur et dimension à tout ce qu’il filme, grâce à un sens stupéfiant de la durée et d’une certaine « gravité » atmosphérique. » — Les cinémas GAUMONT PATHÉ ! le mag, octobre 2017

2 « C’est quoi ce binz ? », tout simplement.

3 Référence à Terminator 3 : le Soulèvement des Machines. Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver des airs de T-X à un des personnages. Mais chut… vous en saurez plus en allant voir le film.

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