Le quarante-cinquième homme

Drapeau américain, Etats-Unis

If there is anyone out there who still doubts that America is a place where all things are possible, who still wonders if the dream of our founders is alive in our time, who still questions the power of our democracy, tonight is your answer.1

Donald Trump aurait pu reprendre mot pour mot le discours de victoire de Barack Obama huit ans plus tôt. Ironique, surtout quand on voit le gouffre qui sépare les deux hommes et ce, à tout point de vue.

Me poser en analyste politique ? Certainement pas ! Je préfère laisser ça aux experts et autres imposteurs. Cela dit, il y a des choses abracadabrantesques qui forcent le commentaire — qu’on s’y connaisse ou pas — comme cette victoire aussi magistralequ’intellectuellement insoutenable. What the fuck ?

Les médias s’accordent pour parler de « colère de l’homme blanc ». Oui, mais pas que… Ce que je vois, c’est aussi la sempiternelle réponse sexiste et sans appel : tout sauf une femme [à la tête d’une des plus grandes puissances mondiales]. Et ni les Blancs, ni les Noirs, ni les Latinos, ni même les femmes ne se sont gênés pour l’exprimer.

En choisissant un candidat affligeant, d’une outrecuidance sans nom, moqué dans le monde entier et donné perdant par une majorité écrasante de sondages, les Américains prouvent néanmoins qu’il s’agit bien d’un choix démocratique — en termes de processus électoral du moins. D’accord, ça vaut ce que ça vaut et le monde ne pouvait pas plus mal tourner. Mais peut-on en dire autant en France, où le vote tend davantage à faire barrage qu’à favoriser l’affirmation d’une réelle opinion ? J’en doute fort.

Une chose est sûre, la politique reprend tôt ou tard ses droits. À votre avis, combien de temps faudra-t-il à ceux qui ont tourné le dos à Trump pour rentrer dans les rangs ? Wait and see.

En fin de compte, on a peut-être les politiques qu’on mérite. Reste à savoir ce qu’on a bien pu faire pour ça.

Panic in America

Toute cette agitation m’a rappelé et donné envie de réécouter America du groupe Razorlight, un titre que j’adore, dont les paroles déjà pertinentes en 2006 ne pouvaient pas être plus d’actualité.

1 « Si jamais quelqu’un doute encore que l’Amérique est un endroit où tout est possible, se demande si le rêve de nos pères fondateurs est encore vivant, doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir. » — Extrait du discours de victoire de Barack Obama en 2008 (Source : CNN)
2 En explosant la barre des 270 grands électeurs nécessaires à sa victoire — Décryptage par Le Journal de Montréal

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