Les copains d’abord

C’est dans les moments décisifs et parfois tous bêtes que l’on voit la vraie valeur d’une amitié. L’occasion de vérifier cette théorie s’est présentée au hasard d’un événement aussi anodin que concluant : mon déménagement. Une fois le rendez-vous pris, il ne m’a pas fallu bien longtemps pour voir qui était derrière moi… ou pas. Et quand je dis derrière moi, je ne pense pas nécessairement aux cartons — je déménageais un studio, nul besoin d’une équipe de foot pour ça. Je pense plutôt au soutien moral, à la petite phrase d’encouragement qui fait chaud au cœur (surtout quand on sait qu’on ne pourra ou voudra pas en être), celle qu’on attend d’une personne lambda qui serait simplement au courant et a fortiori d’un(e) ami(e). Parce qu’on aura beau dire, on reste humain avant tout et ça fait toujours plaisir.

Je me suis donc demandé ce qu’était devenue l’amitié à l’heure où on se dit « amis » par souci d’un qu’en-dira-t-on illusoire, amplifié par ce cocon virtuel pavé de réseaux sociaux dans lequel on a choisi de s’enfermer. Mais je m’égare…

Allô Cycy, ici la Terre

Qu’elle soit sous influence1, renversante2, de bureau3 ou de circonstance4, il existe autant d’amitiés que de conceptions de la chose. Plutôt logique quand on sait à quel point le rapport aux autres peut varier suivants les personnes. La mienne se mesure dans des choses simples et pourtant inestimables du quotidien : être soi-même ; répondre présent ; compatir ; réconforter ; soutenir ; encourager ; être moteur ; recadrer quand ça vire au n’importe quoi ; dire, montrer qu’on tient à l’autre ; partager ses joies, ses peines ; savoir taire les secrets ; ne pas juger ; se dire les choses même quand ça fait mal ; rire, galérer, faire les cons ensemble ; se faire la gueule ; revenir ; avoir le sentiment de ne jamais s’être quittés après une longue absence ; penser à l’autre quand un détail nous ramène à lui ou elle… Autant de choses qui font qu’une amitié, une vraie, se chérit pour pouvoir s’inscrire dans la durée.

L’évidente, l’inéluctable, inoculée par le Cupidon de l’amitié en personne.
Celle sur laquelle on n’aurait jamais parié et dont on est pourtant fier de raconter l’histoire.
Celle dont on ne saurait dire si elle est le fruit de petites habitudes ou le résultat d’affinités réelles.
Celle qu’on a un peu tissé par facilité, mais dont on sait qu’elle n’ira pas plus loin que l’instant où on la vit.

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2 commentaires

  1. Un jour l’amour a dit à l’amitié : Pourquoi existes-tu puisque je suis là ?
    L’amitié lui répond : Pour amener un sourire là ou tu as laissé des larmes.

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